
JIN BO
Diffractions
Du
vendredi 29 mai 2026
Au
dimanche 31 mai 2026
Vernissage Vendredi 29 de 18h44 à bien plus tard
DIFFRACTIONS
« ..dans l’écriture comme dans la peinture, le silence,
le silence majestueux, mutisme en lui-même inhumain et
qui fait passer dans l’art le frisson des forces sacrées,
ces forces qui, par l’horreur et la terreur, ouvrent l’homme
à des régions étrangères.»
Maurice Blanchot (La bête de Lascaux).
Au premier abord, les toiles de Jin Bo nous apparaissent comme un tout, plus ou
moins indistinct, si ce ne sont quelques détails reconnaissables et notamment des
silhouettes anthropomorphiques, pointant leur halo au détour d’une forêt picturale.
Nous sommes pourtant bien en présence de la peinture comme chatoiement de
touches et de couleurs.
S’en tenir à ce constat serait rater totalement la signification de cette œuvre,
beaucoup plus foisonnante, au-delà de sa facture première.
A y regarder de plus près s’ouvre à nous un sens caché, s’orientant vers une
allégorie hallucinatoire, projetant des parcours spéculaires inédits.
Désorienté par ce type de narratif crypté, il faut chercher ailleurs notre chemin.
De cet ailleurs, il faudra en faire un havre d’aventure vers les arcanes caverneuses,
les forêts touffues, les falaises abruptes.
Le peintre, par sa mythologie imaginaire et sa technique de raclage minutieux et
cinétique va nous diriger vers l’original de la forme, d’avant toute naissance.
Ces panoramiques seront autant d’allongement latéral du subjectile que de
mouvement optique, balayant le cadre.
Peinture en formation, peinture en transformation, le déroulé oculaire fraye et
défriche sa poétique, en suspens d’une découverte.
C’est au détour d’une transparence, dans le passage d’une couleur ou à l’arrière
d’une masse, plus opaque, que paraît, souvent discrète, la silhouette humaine,
hagarde et étrangère, née de la transfiguration même du rehaut coloré.
Rapportée, elle désigne un geste, qu’il soit de solitude ou prétexte à décision
imminente.
Notre déambulation à travers les plis de la peinture de Jin Bo demeurera cependant
étrange par son incapacité à définir une voie unique, en brouillant les pistes pour
nous renvoyer à nos propres désirs.(note).
Nous pourrons ainsi nous perdre au fond de gouffres ou de forêts encore vierges ou
bien tenter d’accompagner l’expectative des personnages ou leurs intentions cachées.
Les rideaux de lumière vont nous y aider grâce à la minutie du peintre et son souci
des espaces sans issues.
Et si uchronie il y a, c’est que le bagage de Jin Bo a sa charge de traces de son passé
chinois, de ses paysages et ces manques qu’il fallait faire naître sur la toile.
Cette traduction ne pouvait s’effectuer que par des sauts de temps, avec ses ellipses,
et d’espaces avec ses seuils différenciés.
L’artiste ne nous dit-il pas lui même qu’il commence ses projets par mettre à jour
ses erreurs. Son travail ultérieur consistera soit à le gommer, soit en dévoilant de
subtiles métaphores.
Sa peinture poursuit sa mutation, n’est que mutation spatio/temporelle qui se joue
devant nous. Son « inquiétante étrangeté » comme dit Freud nous rend attentifs aux
imperceptibles passages entre les espaces, dans l’espoir d’une éclaircie, recouverte
aussitôt par une nouvelle énigme. Jin Bo nous demande de rechercher des signes de
survie ou d’espoir dans la quête incessante d’un sens enfoui dans l’errance même de
sa pratique, guidée par un devenir non mesurable.
Prise de danger, soufflé dans les noirs « multicolores », au bord des précipices
impossibles. Risques prisés du peintre aux scrupules fondés par son propre art.
Certes, l’œuvre de Jin Bo restera questionnante. Son être transgressif ne pourra en
établir un éclaircissement unilatéral et complet. La vérité picturale tient, ici, aux
variations formelles, à la limite de l’abstraction, forçant l’esprit dans des arcanes
non formulées.
On fluctuera entre deux rives, intrigué et surpris, notre œil aux aguets d’un futur
surgissement, car le peintre est le défricheur de son propre monde, sans image
préconçue, sans projet clairement prédéterminé, seulement une avancée qui se
découvre en se révélant. Cet univers personnel irriguera l’art dans sa plus haute
acceptation, celle d’un accès au Visible comme conversion amplifiée de nos vies.
Note : tous dépositaires d’une part égarée du monde, c’est à la peinture que nous
demandons par sa profonde archéologie, une clé afin d’interpréter notre incunable
almanach.
Georges Benaily. Juillet 2022.
Eléments biographiques
Jin Bo, artiste d’origine chinoise, vit et travaille à Toulouse depuis 2005.
Dans ses peintures figuratives et abstraites, l’artiste explore constamment les possibilités des formes et matières picturales qu’il a éléboré au fil du temps. Il utilise la technique du « sfumato » chère à certains peintres de la Renaissance qui cohabite avec des volumes puissants d’une forte présence surtout dans ses peintures abstraites récentes. Ses tableaux sont des apparitions irréelles qui nous transportent dans un espace onirique, en une bascule pour un autre monde, nous le pénétrons dans l’imprécision de perspectives perdues et de mouvements figés. Pour Jin Bo, la peinture est avant tout un questionnement sur la vie, la nature et soi-même, elle est un parcours de vie, un long voyage et comme le dit un proverbe chinois, « Le vrai voyageur ne sait pas où il va ».
Formation
1997 – 2001 Académie des Beaux-Arts de Tianjin, Chine.
Expositions sélectionées
Solo
2022 «Isolated island», Galerie Le Joüy, Paris.
2021 «Jiang Hu», Galerie L’imagerie, Toulouse.
2018 Volodia, Montpellier.
2017 «Different Pulses», Galerie Australe, La Réunion.
2016 Jin Bo «peinture 2007 - 2016», Galerie
Artrial, Perpignan.
2015 «Portail», A2Z Art Gallery, Paris.
2014 Galerie Artrial, Perpignan.
2013 A2Z Art Gallery, Paris.
2011 «Empreinte», A2Z Art Gallery, Paris.
Galerie Carré Doré, Monaco.
Galerie Lefor Openo, Paris.
JAG Gallery, Paris.
2010 Galerie Artrial, Perpignan.
2009 Galerie Australe, La Réunion.
Galerie Le Cent mètre carré, Clermont-Ferrand.
2008 Galerie Orem, Paris.
Galerie 5, Toulouse.
2007 Galerie 5, Toulouse.
Groupe et Foire
2023 «Picasso 50 ans déjà», Espace culturelle Marc
Jaguet, Barbizon.
2021 «Corps / Anticorps», Galerie L’imagerie, Toulouse.
2019 «10 ans déjà», A2Z Gallery, Paris.
Hôtel de Pierre, Galerie Le Confort Des Étranges,
Toulouse.
2018 «35x35 Art project», Copelouzos Family Art
Museum, Athènes.
2017 Art Up, Lille.
2015 Art Beijing, Beijing.
2012-2015 Art Paris, Paris.
2012 «Histoires de Mémoires» Galerie Sans-Nom,
Bruxelles.
2011 Créateurs contemporains en Midi-Pyrénées, Musée
Ingres, Montauban.
2010 «L’Angélus a 150 ans», Espace culturel Marc
Jacquet, Barbizon.
«Nouveaux Regards sur Antonin Artaud» Espace
Antonin Artaud, Rodez.
2009 «The Yangjingbang Culture», Galerie Durnonteil,
Shanghai.
2009 Shanghai Art Fair, Shanghai.
2009 Pavillon of Art & Design London. London.
2006-2010 Salon de Mai ( Lauréat Prix Marin en 2007),
Paris.
Collection Musée
Copelouzos Family Art Museum - Athènes.

















